Nature de l’activité

Thales est un groupe intervenant sur les marchés de l’aéronautique, de l’espace, des transports, de la défense et de la sécurité. Le groupe est en particulier reconnu pour sa maîtrise des technologies duales. 

 

Historique

Créée en 1893, Thomson-CSF était, à l'origine, un pionnier des transmissions hertziennes et du transport de l'électricité. Depuis les années 70, cinq grandes périodes ont marqué l'histoire du groupe. La période de diversification (1970–1980). Pour résister aux crises pétrolières, Thomson-CSF se développe dans les composants, l'imagerie médicale et la commutation téléphonique (activité que la société avait quittée dans les années 1950). C'est aussi durant cette période que Thomson-CSF conclut ses premiers grands contrats à l'exportation avec des pays du Moyen-Orient.

Le recentrage sur le cœur de métier (1982-1986). Après sa nationalisation le groupe se trouve dans une situation difficile. Sa rentabilité est insuffisante et son endettement élevé. Thomson-Csf se recentre alors sur l'électronique professionnelle et de défense. Les activités de télécommunications civiles et l'imagerie médicale (CGR) sont cédées.
Les cashflows dégagés sur les grands contrats à l’export génèrent une activité financière d’abord gérée en interne puis progressivement reprise par le Crédit Lyonnais de 1990 à 1993.

Le développement à l'international par l'acquisition de filiales à l'étranger (1986 – 1996). Avec l'effondrement de l'URSS, les besoins des pays d'Europe occidentale en matière de défense diminuent. Dans le même temps les commandes dans les pays du Moyen-Orient se contractent. Pour conserver sa rentabilité, Thomson-CSF fait l'acquisition de plusieurs sociétés, dont Sextant Avionique et les activités militaires du groupe Philips (1989). En dix ans, la contribution des filiales étrangères aux résultats du groupe sont multipliés par 5.

La privatisation (1998). L'Etat français cède une partie de ses actifs à Alcatel et Dassault Industries dans le cadre d'un partenariat. À cette occasion, les activités d'électronique de défense de Dassault et d'Alcatel sont rattachées Thomson-CSF.

Thomson-CSF devient Thales. Le développement du groupe à l'international a modifié en profondeur le domaine d'activités du groupe9. En 2000, le groupe se réorganise en 3 pôles : défense, aéronautique et technologies de l'information. L'objectif visé est de valoriser l'aspect «dual» des compétences technologiques du groupe. Dans le domaine de la défense, Thales cherche aussi à s‘adapter au nouveau contexte stratégique en développant ses compétences en termes de guerre info-centrée et d'interopérabilité des forces.

2007 est une année charnière pour le groupe. Afin de s'imposer dans le secteur naval militaire européen10, Thales cède à DCNS (ex-Direction de la Construction Navale) son secteur naval, et prend en contrepartie 25% de son capital. La même année, Alcatel-Lucent lui transfère ses activités transport, sécurité et espace (création de la société Thales Alenia Space).

En 2009, Dassault rachète les parts d'Alcatel-Lucent. Sa participation au capital de Thales monte alors à 25,90 %.

En 2011, Thales monte au capital de DCNS à hauteur de 35%.

 

Implantation 

Compte tenu de son implantation multidomestique, Thales est présent dans plus de 50 pays. À ce jour, près de la moitié de ses effectifs sont situés hors de France. Son siège social est à Neuilly-sur-Seine.

     

Structure / organisation 

Actionnariat : 

Depuis le 1er avril 2013, le Groupe a mis en place une nouvelle organisation matricielle qui repose sur : 

  • six activités mondiales regroupées en trois secteurs : 
    • aérospatial : avionique, espace
    • transport : systèmes de transport terrestre
    • défense et sécurité : systèmes d’information et de communication sécurisés, systèmes terrestres et aériens, systèmes de mission de défense (+ DCNS).
  • une organisation internationale divisée entre les grands pays d’implantation du Groupe : Allemagne, Australie & Nouvelle-Zélande, Canada, Etats-Unis, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, les autres pays d’Europe et les marchés émergents

Principales filiales : 

Thales joue un rôle majeur sur le marché spatial grâce à Thales Alenia Space et Telespazio, deux joint ventures créées avec Finmeccanica

Exemples d’accords de coopération



En raison de l'étendue des domaines couverts, Thales a des accords de coopération avec de nombreux industriels français et étrangers.

Chiffres clés   

Revenus

Années 2010 2011 2012
Revenus (en milliards d'euros) 13,1 13 14,2

Résultats nets du groupe                                                                                                                                                                                                                   

Années 2010 2011 2012
Résultats nets (en millions d'euros) -45 517 585

Prises de commandes

Années 2010 2011 2012
Prises de commandes (en milliards d'euros) 13,1 13,2 13,3     

Portefeuille de commandes

Année / Domaine Aérospatial et Transport Défense et Sécurité
2012 10 888 14 063
2011 11 372 14 375
2010 11 022 14 310

Chiffre d'affaires :

  • Par année
Année
Chiffre d'affaires
2009 12 881 500
2010 13 124 800
2011 13 028 400
2012 14 158 000
  • Par domaine
Domaine
2012
2011 2010
Hors DCNS  
Chiffre d'affaires 14 158 13 028 13 125
civil 6 307 6 209 6 091
militaire 6 910 6 819 7 034
DCNS 941    
Résultat opérationnel courant 927 749 -92
Résultat net groupe ajusté 585 517 -45


DCNS est consolidé à partir de 2012 par intégration proportionnelle à hauteur de 35% en raison de la participation conjointe avec l’Etat à la gouvernance de DCNS.

Informations sectorielles hors DCNS

  Aérospatial et Transport
Défense et Sécurité
Chiffre d'affaires 6 043 7 490
Résultat opérationnel courant 286 499
Effectifs 23 872 34 554

 

Stratégie 

Ambition 10 est le plan stratégique de Thales. Trois piliers soutiennent le développement de Thales : 

  • la croissance : repose sur trois facteurs principaux
    • les marchés émergents
    • les grands contrats
    • les services
  • la compétitivité : trois aspects stratégiques sont privilégiés
    • le développement d’une empreinte industrielle internationale
    • la compétitivité de la R&D et de l’ingénierie
    • l’innovation compétitive au service du client (identification de dream products)
  • le talent de ses collaborateurs : trois dimensions
    • la responsabilité et la diversité
    • l’orientation client
    • le travail d’équipe et la reconnaissance 

La gouvernance des activités de recherche et de développement des technologies clés est répartie en quatre domaines :

  • technologies du matériel : électronique, électromagnétisme, optronique, acoustique, techniques radiofréquence, maîtrise des contraintes thermiques ;
  • technologies du logiciel : calculateurs de traitement du signal et de l’information, systèmes embarqués temps réel, systèmes distribués, architectures orientées services, ingénierie dirigée par les modèles, outils d’ingénierie, sécurité des systèmes d’information ;
  • sciences de l’information et de la cognition : fouille et fusion de données, systèmes autonomes, environnements synthétiques, facteurs humains ;
  • systèmes : axé sur la conception architecturale des systèmes, ce domaine apporte un support en termes de méthodologie, de processus outillés et d’expertise.

Les fruits de la stratégie de Thales.

 

Point de réflexion : relations avec l'Etat

La particularité de THALES tient à un pacte d’actionnaires conclu avec Dassault et des conventions de protection des intérêts stratégiques et nationaux :

  • le pacte d’actionnaires permet le contrôle de la société par les deux actionnaires agissant conjointement en leur donnant la majorité des votes au Conseil d’Administration (9 administrateurs sur 16) ; les 4 administrateurs sont désignés en concertation avec eux.
    Le président directeur général est nommé sur proposition commune des deux actionnaires.

« Les parties s’engagent à soumettre à l’accord obligatoire de la majorité des administrateurs représentant Dassault Aviation les décisions du conseil d’administration de Thales relatives notamment à l’élection et à la révocation du Président-directeur général, à l’adoption du budget annuel et du plan stratégique pluriannuel et à des opérations d’acquisition ou cessions significatives (supérieures à 150 M€) de participations ou d’actifs ainsi qu’aux accords stratégiques d’alliance de coopération technologique et industrielle.

Cependant, Dassault Aviation s’est engagée expressément à renoncer à l’exercice du droit de veto dont il dispose au titre du pacte sur certaines opérations stratégiques de Thales ; cette renonciation porte sur une série d’opérations potentielles de cessions ou d’acquisitions ; en contrepartie, le Secteur Public a renoncé à son droit de mettre fin au pacte en cas de désaccord persistant sur une opération stratégique majeure susceptible de porter atteinte à ses intérêts stratégiques. »

  • Convention sur la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette convention concerne en particulier
    • le maintien en France du siège social et de la direction effective de Dassault Aviation ;
    • les administrateurs de Thales proposés par Dassault Aviation devront être ressortissants de l’Union européenne ;
    • l’accès aux informations sensibles relatives à Thales sera strictement contrôlé au sein de Dassault Aviation
    • les responsables de Dassault Aviation chargés de sa participation dans Thales seront de nationalité française ;
    • Dassault Aviation fera ses meilleurs efforts pour éviter une intervention ou une influence dans la gouvernance et les activités de Thales d’intérêts - nationaux étrangers.
  •  Convention spécifique concernant le transfert ou la vente d’actifs stratégiques
  • Action spécifique détenue par l’Etat impliquant une autorisation préalable du ministère des Finances en cas de franchissement de seuils dans le capital de certaines filiales et la nomination d’un représentant de l’Etat sans voix délibérative siégeant au Conseil dans ces filiales.

Dans son rapport d’avril 2013, les faiblesses de l’Etat actionnaire d’entreprises industrielles de défense , la Cour des Comptes formule le commentaire suivant , après avoir analysé l’évolution de la participation de l’Etat dans DASSAULT AVIATION et THALES au cours des trente dernières années :

« L’équilibre du contrôle actionnarial de THALES a donc progressivement évolué au détriment de l’État, et ne repose plus aujourd’hui que sur la détention d’une minorité de blocage au profit du secteur public en droits de vote, et l’impossibilité pour Dassault-Aviation de dépasser le secteur public en termes de participation au capital, et/ou de dépasser le niveau de 30 % en droits de vote, sans avoir à proposer une OPA sur l’ensemble de THALES.
Dans ce cadre, alors qu’Alcatel avait adopté un profil de partenaire dormant, Dassault-Aviation estime que « l’État […] doit composer avec les autres actionnaires et ne peut plus décider de tout, et ce tout seul ». La maîtrise de la gouvernance et de la stratégie industrielle de défense du groupe THALES  échappent de ce fait largement au premier actionnaire que demeure l’État. »

 

Principales productions

Thales produit les systèmes électroniques et optroniques de nombreux programmes :

  • Satellites : Sicral (Italie), Satcom BW (Allemagne), Koreasat (Corée), Helios, Syracuse III et Pleïade (France), COSMO-SkyMed (Italie) et SarLupe (Allemagne).

  • Transmissions : SCCOA/Martha, OE Sic Terre, MOSS, BOA, Syracuse, SIC21.
  • Navires militaires : CVF et PA2, frégates Horizon et LCF, FREMM, Sawari 2, MINREM, sous-marins Scorpène, Barracuda.
  • Hélicoptères : Tigre et NH90, K-SAM.
  • Missiles : FSAF, SAAM, Starstreak, VT1.
  • Sonars : BGTI, FRES.
  • Drones : Watchkeeper. 

Sources

- Document de référence du Groupe 2013
- Site Internet : http://ww.thalesgroup.com

Date de mise à jour : janvier 2015