Nature de l’activité

Le groupe Dassault Aviation est un constructeur aéronautique français fondé en 1929 par Marcel Dassault et reste le dernier groupe d'aviation au monde détenu par la famille de son fondateur et portant son nom.

Le groupe Dassault Aviation est présent dans les domaines de l’aviation civile, militaire et dans le domaine spatial.

 

Historique

Suite à la nationalisation des entreprises aéronautiques en 1936, les usines de la société des Avions  Marcel Bloch sont intégrées à la Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO).

Après la seconde guerre mondiale, l'industrie aéronautique française est  mal en point. Marcel Bloch intègre à la SAAMB les usines de Saint-Cloud, Boulogne et Talence.

Le 10 novembre 1945, les actionnaires la transforment en SARL et la renomment « Société des Avions Marcel Bloch » (SAMB). Ce dernier crée des filiales pour faciliter la gestion de la société : le 6 décembre 1945, l'usine de Saint-Cloud sera la « Société des Moteurs et Hélices Marcel Bloch » puis le 12 septembre 1945, « Saint-Cloud Avions Marcel Bloch ». De même, sont constituées les sociétés Boulogne Avions Marcel Bloch (à Boulogne-Billancourt) et Talence Avions Marcel Bloch (à Talence).

En 1951, le MD450, dont découle la famille Mystère-Etendard, réalise les premières avancées à l’exportation de l’industrie aéronautique française depuis la dernière guerre mondiale.

En 1953, le Département Réacteurs est créé. L'année suivante, c'est le Département Electronique qui s'installe à Argenteuil. En 1957, est créé le Département Engins pour l’étude d’engins air-sol et sol-sol.

La coopération de Sud-Aviation avec la Générale aéronautique Marcel Dassault GAMD est très productive dans les années 1960 pour des avions civils (Super-Caravelle, Mercure) et militaires (Balzac, Mirage III V, Spirale). Cela se réitère avec le Concorde, avec la British Aircraft Corporation et Sud-Aviation.

La participation à la force nucléaire stratégique française par le programme Mirage IV permet d’acquérir des techniques nouvelles.

Les programmes d’avions en flèche donnent naissance au Mystère 20 et au Mirage F1.

L’activité électronique de Dassault s’étant beaucoup développée, le Centre d’études et de recherches électroniques (CEREL) est créé. Le 31 mars 1962, il devient la SARL Electronique Marcel Dassault, puis, le 28 janvier 1963, la SA du même nom.

La société adopte le nom "Dassault Aviation" le 19 juin 1990.
La société développe les programmes Rafale et Falcon. 

En 1999, la part de l’activité civile devient supérieure pour la première fois à la part de l’activité militaire.

 

Implantation

Dassault Aviation est principalement implanté en Europe et en Amérique du Nord. Il dispose également de sites en Asie-Pacifique. Son siège social est à Paris. En France :

Dans le monde : 

Dassault Aviation est implanté sur 23 sites et filiales et sur 10 bureaux de liaison à travers le monde. 

 

Structure / organisation

Actionnariat : 

  • Groupe industriel Marcel Dassault : 56,1%
  • Airbus Group : 9%
  • Public : 24,9%
  • Dassault Aviation : 10,0%

En juin 2016, Dassault Aviation a racheté 5,5% de son capital dans le cadre d'une placement privé d'Airbus. 

Dassault Aviation est une société cotée en bourse. 

Président directeur général : Eric TRAPPIER

 

 

Chiffres clés

Prises de commandes (en millions d’euros) 

Les commandes d’avions neufs, diminuées des annulations, sont de 64 FALCON en 2013 (contre 58 FALCON en 2012).

Chiffres d’affaires (en millions d’euros) 

Chiffre d'affaires 2015 : 4,2 milliards d'euros.

40% réalisé avec les avions militaires et 60% avec les avions civils. 

 

11 RAFALE ont été livrés à l'État français au cours de l’exercice 2013, comme l’année précédente. Le chiffre d’affaires DÉFENSE est en hausse de 23% par rapport à l’an dernier, cette augmentation provenant, en particulier, du programme nEUROn.

Le carnet de commandes consolidé au 31 décembre 2013 est de 7 379 millions d'euros contre 7 991 millions d'euros au 31 décembre 2012, soit une baisse de 8%. 

 

Stratégie

R&D : 

La politique de R&D repose sur trois axes : recherche amont, techniques aéronautiques et processus de production. Plus de 2000 collaborateurs du groupe sont impliqués dans la R&D et 25 inventions brevetées ont été déposées en 2013. Si Dassault finance la R&D avec ses fonds propres (431 millions d’euros en 2015). 

Stratégie financière

La création de valeur est pour Dassault Aviation un objectif essentiel ; elle garantit sa rentabilité, sa stabilité financière et sa pérennité. Dans un contexte de forte concurrence internationale, le Groupe a renforcé son exigence de flexibilité, d’adaptabilité, de réactivité vis-à-vis de ses clients, de ses fournisseurs et de ses partenaires. Les parts de Thales ont été rachetées sur fonds propres : ces fonds ont été reconstitués en un an seulement.

Stratégie sociale

L’homme est au cœur du Groupe. Dassault Aviation développe l’esprit d’équipe, le partage des connaissances et du savoir-faire, l’initiative créatrice et le respect de l’éthique. Le Groupe favorise la concertation à tous les niveaux, le respect mutuel, la recherche de l’épanouissement professionnel et le sentiment d’appartenir à un groupe de taille humaine.

Stratégie technologique

Dassault Aviation s’appuie sur de nombreux atouts pour préparer, en permanence, l’avenir dans un environnement économique fortement concurrentiel. L’entreprise pilote l’avenir en lançant de nouveaux programmes (nouvel avion d’affaires, avant-projets d’avions d’affaires écologiques et à haut niveau de service, avions de combat sans pilote ou drones d’observation). Dassault Aviation possède un caractère dual. Les avions civils bénéficient de l’apport des technologies de défense. A titre d’exemple, les différentes versions du cockpit EASy bénéficient des technologies de pilotage du Rafale. Dassault Aviation s'investit également dans le spatial. 

Faits marquants 2014 : 

  • lancement en mai 2014, lors du salon de l’aviation d’affaires EBACE à Genève, du FALCON 8X qui vient compléter notre offre commerciale. Il a un rayon d’action de 12 000 Km (6 450 nm), la plus longue cabine passagers de la gamme FALCON et un faible coût d’exploitation. Le montage général a eu lieu à Mérignac, la mise sous tension électrique a été réalisée en juillet et les essais systèmes au sol se déroulent avec succès. L’entrée en service est prévue fin 2016
  • le lancement des travaux de développement du standard F3-R, suite à la notification du marché correspondant fin 2013 ; ce standard, qui sera livré en 2018, inclut notamment le missile Air-Air longue portée METEOR, le Pod de Désignation Laser Nouvelle Génération (PDL - NG) et la version à guidage terminal laser de l’Armement Air-Sol Modulaire (AASM)
  • l’achèvement de la campagne d’ouverture du domaine de vol du démonstrateur d’avion de combat sans pilote (UCAV) nEUROn, l’intégration du capteur embarqué et les travaux préparatoires à la campagne d’essais en vol en configuration low observability, à Istres
  • la signature, le 15 juillet 2014, par les ministres de la défense français et britannique, de l’accord de coopération SCAF (Système de Combat Aérien Futur). Une phase de faisabilité de 24 mois va être lancée avec DASSAULT AVIATION et BAE Systems comme chefs de file d’une organisation industrielle comprenant Safran, Rolls Royce PLC, Thales et SELEX. Cette phase permettra d’étudier les technologies clés, les méthodes de simulation et les concepts d’emploi d’un futur drone de combat. Elle déterminera également les spécifications et le coût d’un démonstrateur technico-opérationnel
  • En novembre 2014, Dassault Aviation, BAE Systems et leurs partenaires industriels ont reçu un contrat de 150 M€/120 M£ de la part des gouvernements français et britannique pour réaliser sur deux ans une étude conjointe de faisabilité du Système de combat aérien futur (SCAF), qui marque officiellement le début des travaux. Cette première phase préfigure ce qui pourrait donner lieu à un programme de démonstration complet qui définira l’avenir de l’aviation de combat en Europe.
  • la remise aux gouvernements français, allemand et italien, en mai dernier, par DASSAULT AVIATION, Airbus Defence & Space et ALENIA/AERMACCHI, d’une proposition de définition approfondie d’un système européen de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance). Cette proposition est étayée par un accord industriel sur le partage des tâches et par un accord de coopération.

Faits marquants 2015 : 13 ans après sa mise en service, Dassault Aviation a enfin réussi à vendre le Rafale à des Etats étrangers. En trois mois, trois contrats ont été conclus :

  • février 2015 :  24 aéronefs « Rafale » sont vendus à l’Egypte
  • avril 2015 : l’Inde achète 36 aéronefs « Rafale » et laisse entendre le lendemain qu’elle renoncerait à la construction, en Inde, d’autres Rafales, préférant négocier d’Etat à Etat. Initialement, les négociations engagées (depuis 2012), directement avec Dassault Aviation, portaient sur la vente de 126 Rafales dont 108 devaient être construits en Inde par Hindustan Aeronautics Limited.
  • mai 2015 : le Qatar annonce l’achat de 24 Rafales.

  • septembre 2015 : essai de tir du nEURON
  • Signature d'une déclaration d'intention avec Airbus Défense & Space et Finmeccanica pour lancer un programme de drone moyenne altitude longue endurance MALE 2020.

Faits marquants 2016 : 

  • mars 2016 : les gouvernements français et britanniques décident de lancer le développement d'un démonstrateur d'UCAS en 2017

Points de réflexion

  • un groupe aéronautique historiquement très lié à l’Etat Français, premier client pour l’équipement de ses forces aériennes.
  • La perte progressive de tout contrôle actionnarial de l’État sur Dassault- Aviation

"Aujourd’hui, l’ancienne participation publique dans Dassault-Aviation est directement détenue par la société holding de droit néerlandais EADS NV, qui n’exerce de facto aucun contrôle actionnarial. Le producteur de l'avion Rafale a désormais pour principal actionnaire minoritaire EADS, co-producteur du principal concurrent de ce dernier, l'avion Eurofighter. »  (Source : le rapport de la Cour des Comptes, avril 2013).

Par ailleurs, le rapport du Conseil d’Administration de Dassault Aviation comporte la mention suivante :
« La Société n'a conclu aucun accord significatif qui serait modifié ou prendrait fin automatiquement en cas de changement de contrôle de la Société.
Cependant, dans un tel cas, les marchés classés Défense Nationale conclus avec l'État français feraient l'objet d'un réexamen par le Ministère français de la Défense et ce dernier pourrait exiger que tout ou partie de ces marchés soit transféré à une autre société française pour des raisons d'intérêt national. »

  • un groupe contrôlé par GIMD, société familiale mais société Dassault Aviation cotée.
  • un groupe qui a su développer une activité autre que l’aviation militaire : les avions d’affaires FALCON représentent depuis 10 ans environ 63% du chiffre d’affaires.
  • un groupe fortement exportateur : les exportations représentent, depuis 10 ans environ, 75% du chiffre d’affaires, principalement par l’aviation d’affaires qui représente 64% du chiffre d’affaires.
  • une prédominance de l’activité civile : l’aviation militaire représente 29% du chiffre d’affaires en 2012.
  • la direction considère que le groupe n’exerce  qu’une seule activité dans le secteur aéronautique et ne communique que sur les résultats globaux du groupe.
  • difficultés à exporter le Rafale : les premières signatures de contrat ont eu lieu en avril 2015.
  • vers un développement du périmètre : participation dans Thales.
  • quelles perspectives sur le marché mondial ?

 

Principales productions

Avions civils : 

  • Falcon 7X
  • Falcon 5X : premier vol prévu en 2015 pour en entrée en service mi-2017 
  • Falcon 900LX
  • Falcon 2000LXS
  • Falcon 2000S
  • Falcon 8X : premier vol en février 2015

Avions de combat : 

  • Rafale Air Dassault07
  • Rafale C (monoplace)
  • Rafale B (biplace)
  • Rafale marine
  • Mirage
  • Mirage 2000-5 (monoplace)
  • Mirage 2000-D (biplace)
  • Mirage 2000-9

Drone : nEUROn (programme en coopération dont Dassault Aviation a la maîtrise d’œuvre) 

Activité spatiale : 

  • activités pyrotechniques pour l’aviation militaire et l’espace
  • systèmes de télémesures : Dassault Aviation a mis au point le système sol de télémesure d’Ariane-5 qui permet le suivi du lanceur autour de la Terre.
  • études des véhicules spatiaux :
    • Microlanceur Aéroporté (MLA) : le MLA, supporté par un Rafale, apporterait une solution de lancement satisfaisante à tous les microsatellites contraints de se partager les places de passagers auxiliaires sur les gros lanceurs qui leur imposent l’orbite du passager principal. Il constituerait aussi un système de lancement réactif bien adapté aux besoins de Défense et Sécurité
    • Vehra
    • Véhicule suborbital habité : En dépit du caractère spatial du vol, permettant aux passagers d’observer la courbure de la Terre et de ressentir pendant trois minutes l’apesanteur, le VSH n’est pas une navette spatiale. C’est un aéronef performant, volant à la vitesse maximum de Mach 3,5, dont les caractéristiques et l’exploitation sont proches de l’aéronautique.
    • Véhicule de Rentrée IXV : programme de l’Agence spatiale européenne realisé sous la maîtrise d’œuvre de Thales Alenia Space et en coopération avec d’autres industriels. Ce véhicule doit effectuer une rentrée atmosphérique complète. Ce vol permettra d’obtenir des informations sur les Thermal Protection System et les structures chaudes, sur les phénomènes aérothermodynamiques et sur le contrôle par gouvernes aérodynamiques. Pour ce projet, Dassault Aviation apporte ses compétences dans les domaines de l’aérodynamique, de l’aérothermodynamique et des qualités de vol.

Sources

http://www.dassault-aviation.com/fr/

 

Date de mise à jour : septembre 2016